Reference: 2010070014
Signature: SALADI
Period: 20th century
Valuation:
$2,585-$0
Abbés SALADI (1950-1992).
Snake Heads (Family) and Couple under a Tree along the Pond's Edge.
To drawings recto verso on a sheet:
- colored pencil, rubbings and China ink signed lower right.
- colored pencil and China ink.
Stains, slight tear and crease, traces of adhesive tape.
32 x 24 cm (12-1/2 x 9-1/4 in.).
Saladi, a self-taught artist inspired by imagination, possesses a world of his own, remarkable works, a painter who does not fall into any Moroccan art history category during the last decades.
Pauline de Mazières presents the artist's work in the catalogue for the exhibition at Villa des Arts held in 1999-2000, Casablanca, Morocco :
« The first works are « remplies » (filled), - which drew the attention of the Director of the American Language Center at place Jamaà el Fna- were embellished with a multitude of signs, details, stories, teeming universe that were bewitching and enigmatic. Then in the early 80s, the drawing simplified, structured, organized, thus becoming almost ethereal. During certain difficult times particularly marked by suffering and illness, the drawings takes a turn becoming obsessively meticulous and hallucinatory. Towards the end of those years, the emphasis is on exuberant gardens teeming with luxuriant greenery where relaxing men converse with birds. Birds, a recurring theme, are omnipresent in Saladi's works and encompass his works from beginning to the end like Ariadne's thread.
The paintings of the last few years, those of success and fame recall the drawings of figures " with face" of his early career, but as crushed, flattened, grotesque, almost caricatures and all this in various combinations and always in the same shades of blue, pinks and yellows. "
Solo exhibitions :
- 1978 : American Language Center, Marrakech, Morocco
- 1979 :
1) Centre culturel français, Marrakech, Morocco
2) Galerie Ambre, Marrakech, Morocco
3) Club Méditerranée, Marrakech, Morocco
4) Hôtel Saâdi, Marrakech, Morocco
- 1980
1) Galerie 77, Marrakech, Morocco
2) American Language Center, Marrakech, Morocco
- 1982 : Galerie l'Atelier, Rabat, Morocco
- 1984 : Galerie l'Atelier, Rabat, Morocco
- 1985 :
1) Galerie Jean-Marie Cupillard, Grenoble, France
2) Galerie l'Atelier, Rabat, Morocco
- 1986 : Centre culturel français, Marrakech, Morocco
- 1987 : Hôtel Tichka, Marrakech, Morocco
- 1988 Chorfi Art Gallery, Casablanca, Morocco
- 1999 : Galerie Bab Doukkala, Marrakech, Morocco
- 1992 : Galerie Bassamat, Casablanca, Morocco
- 1999-2000 : Villa des Arts, Casablanca, Morocco
«Si certains peintres nous transposent au-delà du monde tangible, nous suivons chez Saladi le même itinéraire, mais en sens inverse. C'est un monde interne que nous découvrons à travers une silencieuse descente en nous même».
(Noureddine Bousfiha. Extrait d'un article publié à la revue Traces du présent, N° 1, septembre 1993 sous le titre: «Abbes Saladi ou le silence de la sève et l'attente de l'illumination espérée»).
Abbés Saladi est un des grands noms de la peinture marocaine d’aujourd’hui. Ses œuvres figurent non seulement dans les expositions ainsi que sur les ventes publiques, mais sont également sujets à des affaires scandaleuses d’acquisition de faux tableaux, ce qui souligne la popularité extrême de l’auteur.
La main d’Abbés Saladi est facilement reconnaissable par la finesse des lignes, par l’ornementation et par la subtilité des tons transparents. Ses sujets sont complexes, car ils présentent un assemblage alambiqué de symboles religieux, de formes arabo-musulmanes populaires, d’allégories philosophiques et d’images propres à l’imaginaire de Saladi.
La biographie d’Abbés Saladi nous fournit quelques clés pour déchiffrer l’univers de ses créatures chimériques. Mais il existe trop peu de documents permettant de reconstituer les événements de sa vie et de les dater.
A cinq ans il perd son père et il est envoyé par sa mère à Casablanca, chez son oncle. La rupture avec sa famille est certainement difficile pour le garçon, mais il se peut que justement cette période soit définitive pour le développement de la personnalité pensive et imaginative du futur peintre. La solitude qui rythmait sa vie se reflète dans tous ses tableaux.
Il suit les cours de philosophie à l’Université jusqu’à son hospitalisation au centre psychiatrique Errazi de Salé. C’est dans l’hôpital qu’il découvre son talent du peintre.
«Ses œuvres sont un univers de silence et de fatalité. Un air de captivité traverse les tableaux de Saladi, car ceux-ci naissent dans la solitude et la maladie», écrit Abderrazzak Benchaâbane dans son texte «Abbés Saladi, le chant de l'oiseau captif» publié à l'occasion de l'exposition de Saladi au Centre Culturel Français de Marrakech («Abbès Saladi, un monde féerique», MARSAM-2006).
Saladi commence à être exposé en 1978. Il est dès lors demandé par les différents
Le dessin double face présenté aujourd’hui par Expertissim montre deux manières créatives opposées de Saladi. La scène avec un couple au bord de l’étang est dessinée dans un style réaliste-naïf, assez rare pour les oeuvres d’Abbés Saladi, on voit ici une intention de créer une perspective classique (même si parfois elle est faussée), des formes traditionnelles. Son sujet permet une lecture facile.
L’image de la scène familiale allégorisée située sur l’autre côté du tableau représente un style qu’on pourrait comparer au surréalisme. Ce dessin est une sorte de revanche sur l’enfance, sur la famille du peintre, une exhibition de son rêve.Une harmonie et une affection relient les figures hybrides du père, de la mère et de l’enfant, qui rassemblent chacun en soi les configurations humaines, animales et végétales.
Nous pouvons trouver différentes connotations symboliques à cette composition irréelle. Une image du serpent en Islam s’associe étroitement avec la vie et représente El-Hay – un des noms de Dieu les plus importants, qui signifie « vivification », ou ce qui offre la vie et ce qui est la vie en elle-même. Alors, notre tableau peut être interprété comme une image idyllique de la renaissance de la famille de l’auteur, où le père est rendu au monde des vivants et à sa famille. Dans une histoire d’Adam et Hawa du Coran le serpent se présente dans un rôle du destructeur du bonheur originel du premier couple et cette lecture relative inverse pour nous le sens de la composition d’Abbés Saladi.
Le mythe, universel par définition, chez Abbés Saladi est personnel, privé et les clés pour le découvrir sont enfouies profondément. Dans ces images, les éléments reconnaissables du monde extérieur illustrent son monde imaginaire.
Il est rare de voir apparaitre sur le marché de l’art français une œuvre de cet artiste de notoriété mondiale.
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