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Claude LALANNE: Metal “bague ‘feuilles’” (leaves ...

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"L'artiste doit (...) prendre les éléments de la nature et créer un nouvel élément." Paul Gauguin

L’art est parfois une affaire de couple

 

 

Le couple Lalanne, est chargé de significations : c’est une histoire d’amour vieille de cinquante ans, des artistes associés depuis 1956 et une histoire de l’art commune depuis l’exposition Zoophites(galerie J de Jeanine Restany, 1964). Ils venaient de deux mondes artistiques différents mais se sont rapidement mis d’accord sur le style à adopter. François-Xavier reçut une formation de peintre à l’Académie Julian mais il se plonge dans l’art de la sculpture au moment de son mariage alors que Claude, formée à l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris, était une véritable puriste.

Ce couple, connu et reconnu pour être en parfaite interaction a toujours monté des expositions communes mais on ne compte qu’un nombre restreint d’œuvres faites par leur quatre mains. François-Xavier Lalanne le précisait avec amusement : « nous faisons table commune mais atelier séparé ». Cela s’explique par le fait qu’ils ne travaillent pas de la même façon car chacun conçoit la sculpture différemment. A l’image de la peinture qui lui permettait de créer ex-nihilo, l’époux Lalanne pense la sculpture comme un mode d’expression total qui s’effectue par la transformation radicale de la matière : il compose essentiellement avec du métal qu’il repousse et soude, et utilise ponctuellement de la résine et du cuir. L’art de Claude est différent : elle joue avec des éléments naturels tels que des feuilles, des fleurs ou des fruits, qu’elle transforme au moyen des matériaux de son choix. Elle opère par moulage, empreinte ou galvanoplastie dans le but de les imiter… mais avec inventivité s’il vous plaît !

La formule opéra à merveille car les Lalanne reçurent très vite des commandes prestigieuses de la part de collectionneurs de goûts tels que les Rothschild ou les Noailles. De même, Yves Saint-Laurent leur commande la décoration de son salon de musique : Claude imagine pour cela une galerie des glaces modernes où la lumière jaillit et rejaillit de ce lieu de prestige grâce à un gigantesque kaléidoscope de miroirs de bronze aux formes végétales qui lui sont propres.

 

 

Le réalisme surréaliste : l’art s’amuse

 

 

L’exposition de 1964 donna le ton de leur style particulier, situé à la frontière de l’art décoratif pur et de l’utilitaire, au confluent du surréalisme et du nouveau réalisme. Même si les formes Lalanne pourraient vous paraître étranges, elles ont été avant tout pensées pour être utiles. Les créations ne tendent ni vers l’absurde ni vers le fantastique pur mais veulent être avant tout fonctionnelles afin de renouer avec les racines de l’art décoratif.

Les Lalanne osent donner tous les visages farfelus à leurs sculptures mais ils le font avec brio. François-Xavier transforme les moutons en chaises et banquettes, l’hippopotame en baignoire et le rhinocéros en bureau alors que Claude préfère métamorphoser les pommes, les choux et les petits animaux en bijoux et bibelots de table. Les deux sculpteurs imaginent des œuvres hybrides aux formes naturalistes et bestiales qui étonnent et amusent mais dont la visée première est l’utilité. Les Lalanne utilisèrent le répertoire de la jungle pour donner vie à vos intérieurs avec une invientivité toute poétique : les expositions Lalanne réservaient de nombreuses surprises humoristiques car on pouvait y rencontrer un Homme à tête de chou, une Pomme bouche, unEscargot doigt ou un Lapin

vent. Nos artistes veulent restituer une dimension familière entre les œuvres et leur public afin d’annihiler la distance sacrée que les institutions muséales ont établie entre le spectateur et l’art : regrettant qu’on ne puisse toucher les sculptures dans les musées, les Lalanne tentent de recréer un contact humain résultant de l’imagination et de l’inventivité. Les visiteurs déambulaient émerveillés dans leurs expositions, inlassablement tentés de toucher ce qui les charme et les transporte.  

On admirait aussi dans l’œuvre des Lalanne, le sens de l’adaptation et de l’éclectisme : ils réussissaient tout aussi bien à innover avec des bibelots décoratifs qu’avec du mobilier de toute sorte, ils excellaient tout autant dans la sculpture monumentale que dans les œuvres de taille plus modestes. Mais Claude s’exprimait aussi seule, produisant des bijoux uniques, des pièces d’art à portée de main qui firent sa renommée auprès de ces dames : l’art, alors entièrement mis à contribution de la parure du corps humain, est finalement descendu de son piédestal.

 

 

L’art à portée de doigt, la philosophie des Lalanne

 

 

Le contact des Lalanne avec le monde de la mode a sûrement inspiré Claude pour ses créations de bijoux et accessoires. Cependant, l’œuvre de Claude représente la zone d’ombre des Lalanne, celle qui fut le moins médiatisée, peut-être parce ce domaine particulier est plus en rupture avec leur style habituel : parfois d’esprit baroque, plus délicat et plus intime que celui de son mari, le travail de Claude-joaillier se délecte sans limites des acquis de l’Art Nouveau et du Surréalisme tout en conservant une certaine part de fémininité. Claude  puise essentiellement son inspiration dans les éléments de la nature, dont elle moule les empreintes sur le vif grâce à la technique de la galvanoplastie : elle obtient ainsi des œuvres plus vraies que nature, tellement vraies et retravaillées par l’imagination Lalanne qu’elles en paraissent fantastiques ! Claude Lalanne commence à exposer ses premières créations en 1966 et elle s’affirme dès ce moment-là en rupture avec le bijou de parure traditionnel. Tout est de bronze, d’or ou de cuivre, mais le métal disparaît derrière l’inventivité des formes puisées dans le répertoire naturel et bestiaire. La pomme est par exemple une récurrences de son œuvre, un thème que certains interprètent comme un hommage à Dali, comme un clin d’œil complice au Surréalisme. Le mystère sur ces œuvres plane toujours sur leur signification réelle, et il est difficile de qualifier ce style particulier.

Une chose est sûre, les bijoux de Claude Lalanne transforment la femme qu’ils parent en une immortelle nymphe des bois que l’on ne retrouve habituellement que dans les contes et légendes.

 

Pauline Balayer (étudiante à l'Ecole du Louvre).

Valuation

Claude LALANNE: Metal “bague ‘feuilles’” (leaves ring).

Reference: 2010060044

Period: 1983.

Valuation:
$634-$761

Metal "bague ‘feuilles'" (leaves ring)

We will include for the buyer a certificate of authenticity of Claude Lalanne, unique piece made in Paris on July 15, 1983.

Edition by Artcurial.

Ring size: 50 (European), K (UK), 5-1/8 (US)

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