Né à Senlis en 1835, Jules Moigniez fut un des sculpteurs les plus renommés du XIXème siècle. Il produisit essentiellement des bronzes animaliers, d'oiseaux ou d'animaux domestiques. On trouve actuellement sur le marché de nombreux bronzes signés de Moigniez.
Habitant à Saint-Martin-du-Tertre dans le Val d'Oise, il dirigeait une fonderie, et fut particulièrement productif dans les années 1850-60. Son père, Baptiste Constant Moigniez était tôlier puis doreur sur métaux. Mais il commença sa formation auprès du sculpteur animalier Paul Comoléra, qui était lui-même l'élève de François Rude (1784-1855).
Sa reconnaissance arriva rapidement, puisque dès 1855 alors qu'il n'a que 20 ans, il participe à l'Exposition Universelle de Paris en exposant deux groupes en plâtres : Chien d'arrêt avec Faisan, et Faucon avec belette. Il continua à exposer régulièrement dans les Salons de 1859 à 1892, où il présenta au public environ une trentaine de sculptures. Il fut également présent à l'Exposition Universelle de Paris de 1878, où il reçut une mention honorable. Il gagna ensuite le public londonien lors de l'International Exhibition de 1862, durant laquelle son travail fut récompensé d'une médaille.
Ses créations très populaires et décoratives conquirent donc le public parisien, mais aussi la clientèle internationale. Tout comme son maître, son art se caractérise par une prédilection pour les sujets animaliers, volatiles, aigrettes, faisans, hérons, moineaux et coqs, mais aussi animaux domestiques, comme chiens, chevaux, moutons et bovins. L'art animalier avait en effet une place particulière au XIXème siècle, et les mêmes thèmes étaient visibles aussi en peinture, grâce à des artistes comme Horace Vernet (1789-1863), Brascassat (1805-1867) ou Rosa Bonheur (1822-1899). En sculpture, on ne peut parler d'art animalier sans mentionner de grands noms comme
href="/object/view/idObject/1100909">Pierre Jules Mène (1810-1879) et Antoine-Louis Barye (1795-1875).
Quant à Moigniez son style se caractérise par des figures dynamiques, des attitudes travaillées, et une ciselure très fine qui permet beaucoup de petits détails. A partir de 1850, c'est son père, qui a toujours sut reconnaître et apprécier le talent de son fils, qui édite ses oeuvres, dans une fonderie qu'il a ouverte à Paris. Les bronzes qui sortent de l'atelier se vendent aisément et s'exportent même à l'étranger grâce à leurs qualités particulières. En effet la fonte est d'une grande finesse, et les bronzes ont de très belles patines, peu courantes et assez variées, pouvant aller jusqu'au doré.
Finalement Jules Moigniez reprend la direction de la fonderie en 1860, mais il tombe malade vers 1870, ce qui a pour conséquence qu'il ne produira plus de nouveaux modèles et se contentera ensuite de rééditer des modèles préexistants. Enfin la fonderie est reprise en 1890 par Auguste Gorge qui en devient le propriétaire. Moigniez, en pleine dépression, n'est plus apte à diriger cet atelier. Il se suicide d'ailleurs quelques années plus tard en 1894. Mais jusqu'en 1920, Gorge continuera à éditer dans la fonderie les oeuvres de Moigniez, ainsi que de son maître Comoléra.
Expertissim présente justement une très belle statuette en bronze patiné attribuée à Jules Moigniez, représentant un Héron observant un escargot, et également une statuette d'epagneul en bronze patiné, d'après Jules Moigniez.
Sixtine Huyghues Despointes
Furniture, sculpture and works of art (17th, 18th and 19th centuries)
Reference: 1090909
Period: Années 1900.
Dimensions: Longueur : 30 cm.
Valuation:
$192-$256
Statuette d'épagneul en bronze patiné, d'après Jules Moigniez.
Longueur : 30 cm.
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