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Atlas de l'Histoire du Consulat et de l'Empire, 1864

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Ecrire l’Histoire.

« La tâche de l'historien, il n'y en a qu'une ; dire les choses telles qu'elles se sont passées» ; Lucien de Samosate, 125-192 ap. J.C.

 

L’Histoire, partie intégrante de notre société, inscrite dans toute époque et souvent citée pour juger, infirmer ou confirmer nos actions…L’Histoire qui, par son étymologie même  « Historia » signifie enquête, étude sage de faits…L’Histoire est un récit, nous rappelle le passé, par les textes écrits des historiens. Elle nous éduque, nous fait comprendre les civilisations passées pour mieux comprendre la nôtre, qu’elle soit belle où cruelle. Des hommes, depuis l’Antiquité, ont consacrés leur temps à la rédaction de ces récits historiques, qui encore aujourd’hui nous replongent dans une époque passée, nous poussent à nous souvenir des actions, des mots…de nos ancêtres. Parmi ces hommes figure A. Thiers, figure historique et politique s’il en est d’une des périodes charnières les plus importantes de l’Histoire de France. Impliqué dans la vie politique française, de la Monarchie de Juillet à la troisième République, il nous livre dans ses écrits le récit des évènements marquants de son époque.

 

Expertissim met en vente l’une des publications de l’Atlas qui accompagnait ces récits.  Une occasion de dépoussiérer un peu l’Histoire du livre historique, et de nous pencher sur cet homme politique  historien qu’était A. Thiers.

L’œuvre de Thiers.

Adolphe Thiers vécut de 1797 à 1877. Il fût un avocat, journaliste et homme d’Etat (second président de la troisième République française). Après avoir fait des études de droit à Aix en Provence, il se lance assez jeune dans la politique, et est remarqué par Louis Philippe d’Orléans (nommé roi en 1832) qui le nomme Ministre de l’Intérieur, puis Chef du Gouvernement en 1836. Mais sa politique concernant une possible alliance avec l’Autriche va le mener à une destitution de ses fonctions. Ambitieux, opportuniste, « ennemi dangereux » selon la duchesse de Maillé, il se lance dans une série d’intrigues politiques diverses afin de récupérer une place importante de politicien et se venger du roi jusqu’à ce qu’il reprenne sa place de Président du Conseil en 1840.

En 1848, il soutient la révolution, étant désormais républicain. Elu au gouvernement provisoire, il appuie la candidature de Louis Napoléon Bonaparte, mais refuse en revanche de soutenir le Second Empire. Il va donc attendre, se tenir un peu à l’écart de la vie politique jusqu’à ce que le gouvernement se fasse plus libéral en 1860.  Il est alors élu député, puis enfin chef du pouvoir exécutif à la tête de la Troisième République en laquelle il avait toujours cru.  Menant sa politique d’une main de fer, c’est lui qui sera à l’origine de la répression sanglante menée contre les Parisiens suite aux évènements de la Commune en réaction à la défaite de Sedan et à l’entrée de Bismarck dans les murs de Paris.

Un homme intrigant donc, toujours mué par une volonté d’acquérir plus de pouvoir, de responsabilités…grand conservateur de la bourgeoisie, dominateur du reste, défendant l’ordre établit mais capable aussi de faire preuve de clairvoyance en critiquant les actions du second Empire. Ses actions suscitent à son époque de nombreuses critiques…Mais il est aussi au-delà de ça un très bon historien. Il publie de 1845 à 1862 en 20 tomes L’Histoire du Consulat et de l’Empire, récit chronologique détaillé de la période en question. Ces Tomes, dont chacun porte en titre le fait principal relaté (comme l’Administration Intérieure, ou le Concordat…) font suite à son Histoire de la Révolution, débutée en 1823, et qui sera, comme le disait Anatole France « L’un des livres les plus lus en France durant trente ans…mis à part les Trois Mousquetaires » !!

Il se base pour sa rédaction sur son inspiration, son vécu et son expérience en politique. Ses contemporains ont jugé ses ouvrages sans parti pris, rédigés de façon claire et concise, et d’une manière générale mieux écrits que son Histoire de la Révolution. Il accompagne ses écrits d’un Atlas géographique, très recherché aujourd’hui car souvent séparé des tomes et réalisé selon les gravures de Dyonnet, qu’Expertissim vous présente aujourd’hui. 

Raconter l’Histoire, une occupation Antique.

Les premiers textes historiques dont nous ayons trace remontent à l’Antiquité. Les premières chroniques ont été retrouvées en Mésopotamie, berceau de la civilisation, et ont pu être datées du IIIème millénaire av. J.C. Cela étant, on ne peut les qualifier de chroniques historiques au sens ou on l’entend maintenant, ces chroniques comportant une large part de mysticisme et de mythologie. Il faut attendre le Ier siècle pour avoir de véritables recueils historiques, réunion de listes des évènements des différents règnes année par année, de documents utiles aux générations suivantes…le tout comportant un certain parti pris.

            Mais c’est en Grèce ancienne que se développe véritablement la pratique du récit historique. L’Histoire conserve certains aspects mémoriels, didactiques, mais développe également les préoccupations littéraires et scientifiques qui font loi à cette époque. On en trouve le meilleur témoignage dans les écrits d’Hérodote et Thucydide. Hérodote (-482 ; -425), savant grec, parcourt le Moyen Orient et raconte dans ses Enquêtes les évènements marquants de son époque telles les Guerres Médiques, dans un but purement mémorialiste. Mais c’est Thucydide qui le premier propose une méthode de travail concise pour rédiger un écrit historique. Dépassant la simple volonté mémorialiste, il se base sur une recherche de la vérité. Relater les faits n’est plus suffisant, il faut les expliquer, chercher les causes réelles de façon rationnelle et non subjective.

            Raconter l’histoire devient alors un exercice courant, même si l’on ne conserve aujourd’hui que peu de trace de tout ce qui a pu s’écrire durant l’Antiquité. On va raconter pour se souvenir, raconter pour critiquer ou pour valoriser…le récit historique devient pour la première fois une arme de propagande politique sous l’Empire romain, ce qui va être critiqué par Lucien de Samosate, historien, auteur du seul traité d’Histoire conservé de cette époque.

 

Raconter oui, mais raconter quoi ?...

Les sujets d’étude de l’Histoire ont beaucoup évolué depuis l’Antiquité. Selon les époques, il est différents thèmes, sujets, évènements qui ont suscité l’intérêt de ces historiens.  D’abord centrée sur l’histoire militaire, les conquêtes à l’époque par exemple de l’Empire romain, on se concentre à l’époque chrétienne sur l’histoire religieuse, mettant alors l’histoire sur le même plan que la théologie. On a également connaissance de nombreuses chroniques célèbres, venant elles du Moyen âge.

Autre champ d’étude qui prend son importance à cette

période : l’Histoire de l’Art, dont l’un des premiers traités est attribué à Pline l’Ancien. Ce sujet perdure à la Renaissance, notamment avec les célèbres Vies de Vasari en 1550.

D’une manière générale, c’est la politique, l’étude des Grands de ce monde, des dynasties et des rois qui occupe les historiens des siècles suivants, Thiers ne faisant ainsi pas exception à la règle.  L’histoire, divisée en périodes chronologiques, se penche sur ceux qui font l’histoire, à savoir les régnants. Cela est vrai pour la France, tout comme ça l’est pour les autres pays du Monde.

C’est vers les XIXème et XXème siècles que les champs de l’histoire se renouvellent. L’histoire sociale, culturelle fait sn apparition à partir de l’instant ou l’on considère que ce sont aussi les Nations, le peuple qui font l’histoire, au vu des évènements révolutionnaires.

C’est à l’époque moderne que l’on se penche alors sur des sujets historiques divers comme l’histoire économique, de l’environnement, des idées, l’histoire dite intellectuelle…on considère à présent que tous les champs historiques possibles sont étudiés, chacun méritant sa place au Panthéon de l’histoire de l’Homme.

 

…et comment ?

C’est, comme on l’a remarqué plus haut, Thucydide qui est à l’origine de la méthodologie historique. Il y a selon lui, et selon son successeur Lucien de Samosate, des règles précises à respecter pour écrire l’Histoire sans tomber dans la propagande, le subjectif, la diffamation…Se posent deux questions quand à la lecture d’un récit historique : sur quoi se base l’auteur, et comment met-il en forme ses idées ? Nous ne parlerons ici que des principes établis comme étant les qualités nécessaires à la rédaction d’une bonne Histoire. 

L’historien se doit de se baser sur les faits, de façon concrète et sans complaisance particulière. Il peut aussi se baser sur son expérience personnelle, son vécut, son expérience…Il doit également prendre en compte toutes les sources, écrites lues ou orales. Les prendre en compte ne veut pas forcément dire les utiliser ou les prendre pour argent comptant. Faire parler les sources est essentiel, tout comme avoir un regard critique sur elles l’est tout autant. L’Histoire, comme son nom l’indique est une enquête. Démêler le vrai du faux, synthétiser, classer ordonner les informations est  le travail de fond de l’historien, indispensable à tout bon récit. Cela étant dit, il est de notoriété que tous les historiens ne sont pas à la recherche effrénée de la vérité pure. Leur finalité diffère parfois, oscillant entre réalité objective, propagande, souvenir teinté de sentimentalisme, critique virulente…  Dans tous les cas, un historien fait se replonger son lecteur dans un temps passé, lui permettant de comprendre les évolutions de la civilisation, de comprendre la finalité des actions racontées avec toujours une grande question : Pourquoi?

 

 

Parlons de l’Atlas.

Pour nous recentrer un peu sur l’ouvrage présenté aujourd’hui, il convient de s’intéresser à l’un des domaines que l’on lie souvent avec l’Histoire : la Géographie.

Discipline ancienne, la géographie a tout d’abord consisté en l’étude de la planète, de son relief, ses caractéristiques. Remercions encore une fois les Grecs : le premier à parler de Géographie était Eratosthène (-276 ; -184 av. J.C.). L’étude des terres, « l’écriture » de la terre comme le disent souvent les géographes, est très souvent subordonnée à l’Histoire, et ce jusque dans nos manuels scolaires. On va parler dans ce cas de géographie humaine, visant à faire le lien entre l’Homme et les phénomènes et éléments naturels.

Si l’Histoire nous projette dans le temps, les cartes géographiques nous projettent dans l’espace. Nous pouvons ainsi connaitre les lieux importants, de bataille, de découvertes territoriales…dont nous parlent les livres, lieux qui, si nous n’y sommes  jamais allé, peuvent sembler totalement abstraits et à des années lumières de notre conception.  Cela étant, la géographie sort de l’ombre de l’histoire au XIXème siècle, notamment par la réalisation d’opuscules, d’Abécédaires géographiques de qualité.

Les cartes de cet atlas sont particulièrement intéressantes car elles ont bénéficié de l’avancée industrielle et technique de cette époque. Le XIXème siècle est riche en innovations pour ce qui concerne le livre, une chronique du livre avait déjà été faite dans d’autres articles sur Expertissim. L’illustration explose au XIXème siècle, avec l’apport de différentes techniques d’illustration comme la lithographie, la gravure sur bois de bout ou encore la photogravure.

Cet atlas, composé des gravures en couleurs de Ch. Dyonnet, graveur reconnu dans l’illustration de cartes géographiques, a donc été et est toujours un parfait complément aux écrits de Thiers ainsi qu’une source de renseignements riches sur la géographie de l’Europe de cette époque. Il replace les lieux importants, les différentes batailles, les frontières de l’époque entre les différents empires. Chose intéressante, tous les noms que nous retenons aujourd’hui n‘étaient pas toujours les même à l’époque !

 

 

Le nom de Thiers est donc indissociable de l’Histoire, aussi bien de l’Histoire de France que de l’historiographie grâce à ses écrits. Il se rattache également au monde du livre, notamment la création en 1913 de la bibliothèque Thiers par la Fondation Dosnes-Thiers, Bibliothèque prenant place dans l’ancien hôtel particulier de Thiers lui-même à Paris place Saint Georges (détruit par la commune, puis reconstruit à l’identique par l’architecte Alfred Aldrophe. C’est la sœur de M. Thiers, Félicie Dosne, qui offre le bâtiment à l’Institut en 1905, afin que l’on y créé une bibliothèque moderne dédiée plus particulièrement à l’Histoire de France, en souvenir des grands travaux d’histoire de son frère.

 

Suzanne Kabanda (Etudiante à l'I.E.S.A.)

Besoins de précisions? N'hésitez pas à consulter notre Glossaire!

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Atlas de l'Histoire du Consulat et de l'Empire, 1864

Reference: 551008

Period: 19th Century 1864

Valuation:
$199-$265

[THIERS]. DUFOUR (A.) & DUVOTENAY (M.) Atlas de l'Histoire du Consulat de l'Empire. Paris. Lheureux, 1864.

In-folio, semi-tanned crimson from the era.

66 maps and plans, some displayed on two pages or in steel-plated, colored prints by DYONNETT.

Atlas destined to illustrate the History of the Consulat and the Empire de Thiers, published in -8° format.

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