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Home L'art et vous Chagall, peintre de la poésie, poète de la vie :

Jul 30, 2010 1:32:01 PM

Chagall, peintre de la poésie, poète de la vie :

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Chagall , c’est un mariage avec une chèvre violoniste, c’est un bouquet de fleurs au clair de lune, ce sont des couples qui se cherchent et se retrouvent, mais aussi des images sanglantes de guerre et de persécution. Quels sont les codes de ces images surréalistes ? Quel homme se cache derrière ces fantaisies ? Profitons de l’occasion qu’ Expertissim présente une lithographie de Daphnis et Chloé par Chagall pour faire un petit point sur cet artiste inclassable.

 

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Le départ vers l'hexagone marque le début d'une carrière brillante

 

Marc Chagall (ou Mark Zakharovich Shagal) naquit en 1887 à Vitebsk (Biélorussie actuelle), dans une famille juive modeste qui avait neuf enfants à charge. Son attirance naissante pour les mouvements artistiques novateurs du début du siècle l’incite à prendre des cours de peinture à Saint-Pétersbourg dès l’année de ses vingt ans. Même si son père ne voit pas cette passion d’un très bon œil, le jeune Chagall s’investit de plus en plus dans son art : il peint avec succès de nombreuses vues de villages et de scènes yiddish de sa région. Il figure déjà l’esprit bohème qui constituera, entre autres choses, son style particulier. Il part à Paris en 1910 et s’installe rapidement à « la Ruche », un célèbre immeuble/atelier d’art de Montparnasse où travaillent des artistes en devenir tels qu’Amadeo Modigliani, Soutine, Max Jacobs ou Fernand Léger : il fit ici ses premières armes reconnues et se lia d’amitié avec les poètes Blaise Cendrars et Guillaume Apollinaire qui l’inspirèrent pour la suite de son œuvre. Il peignit ses premiers paysages colorés , imaginatifs et nostalgiques, nuancés par ses convictions religieuses. C’est alors la naissance du monde Chagall. Mais la déclaration de guerre en 1914 l’oblige à quitter la capitale française pour Berlin puis pour Vitebsk, où il exerce le rôle de directeur de l’Académie des Beaux Arts ; il s’installe ensuite quelques temps à Moscou comme dessinateur de décors pour le Théâtre juif national. Mais Paris et son émulsion artistique lui manquent cruellement, c’est pourquoi il y retourne en 1923, profitant des nombreuses commandes de l’éditeur et marchand d’art Ambroise Vollard. Les eaux-fortes et les gouaches qu’il crée durant cette période sont essentiellement des planches d’illustrations, de la Bible, des Fables de la Fontaine et des ouvrages de Nicolai Gogol. Sa réputation est faîte et elle ne démentira pas facilement car Paris a bel et bien adopté l’artiste russe.

 

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Un milieu de vie difficile ...

 

La décennie 1930 lui donne l’occasion de voyages en Egypte, en Syrie, en Espagne, en Hollande ou en Israël avec sa famille, des voyages durant lesquels il reçoit d’autres commandes d’illustrations religieuses . Il revient à Paris après ces années de découverte, prend la nationalité française pour fuir l’antisémitisme de l’Europe orientale mais il se fait rapidement arrêter dans l’hexagone à cause de sa judaïcité ; sa vie sera épargnée grâce au journaliste américain Varian Fry qui l’amène aux Etats-Unis jusqu’en 1948. Ces temps furent très difficiles pour l’artiste qui dut affronter la mort de sa première femme et l’antisémitisme qui ne s’était pas arrêté aux frontières de l’Europe. Son art vers 1940 est particulièrement marqué par la violence, la déportation des juifs et les massacres. Les couleurs dominantes gagnent les tons de rouge.

 

... mais une gloire grandissante

 

Il revient en France à la fin des années 1940 et s’installe à Vence (entre Nice et Antibes) afin de

vivre une vie plus paisible ; il y recevra des commandes importantes qui font appel à des techniques aussi diversifiées que la gouache, la peinture sur verre, la gravure ou la mosaïque. Pare qu’il conçoit la Bible « comme la plus grande source de poésie qu’il soit », ses sujets ont de plus en plus rapport avec la religion. Il tente de retrouver cette poésie mystique dans la vie et dans l’art, combinant pour ce faire le synthétisme du cubisme et les ambiances oniriques surréalistes. Ainsi, les scènes religieuses de Chagall sont colorées, et semblent sorties d’un autre monde où l’on peut voir des rabbins volants aux côtés de couples qui s’aimen t. Ces personnages mis en scène en scène de chant ou de danse symbolisent le bonheur et la communauté avec Dieu. Les tons qui dominent son œuvre regagnent des tonalités plus froides, des bleus et des verts très vifs, des jaunes soleil et des orangés très doux. C’est durant cette période qu’il prend la gouache comme technique de prédilection, puis qu’il se plonge dans la lithographie.

 

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La fin d'une carrière tonitruante qui marque le commencement d'une renommée atemporelle

 

Au début des années 1960, Marc Chagall compose le monumental « Message biblique », une œuvre décorative composée de dix-sept toiles consacrées à l’Ecriture Sainte et plus particulièrement au Cantique des Cantiques (plus de cent dessins de préparation). Il le termine en 1966 et en fait don à l’Etat Français qui l’expose de son vivant au Louvre en guise de reconnaissance de son travail. Il sera transféré en 1973 au Musée National du Message Biblique créé par Malraux et Chagall dans une maison que les deux hommes voulaient transformer de longue date en un lieu spécialement dédié aux amateurs d’art.

Il entreprend également des travaux de mosaïste et de verrier afin d’apporter sa contribution à des églises locales telles que Notre-Dame-des-Grâces d’Assy, l’église du Saillant, de Zurich ou de Mayence. Puis, il reprend la peinture de décors de théâtre, notamment pour le London Watergate Theatre ou pour l’Oiseau de Feu d’Igor Stravinsky, et conçoit dans le même temps des costumes. Finalement, il s’en prend à l’architecture même du spectacle : il peint le Metropolitan Opera de New York et le plafond de l’Opéra de Paris, à la même période où de nombreuses institutions européennes reconnues lui consacrent des rétrospectives. Maeght vend ses tableaux et partout dans le monde et la fondation lui consacre une exposition. Couvert de gloire à la fin des années 1960, Chagall se retire au calme à St Paul de Vence pour les dernières années qui lui restent, dans la résidence où il s’éteindra à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans, en 1985.

Entre temps, il profite de sa retraite pour effectuer des voyages en Russie, sa terre natale qu’il n’avait pas revue depuis fort longtemps, et reçoit, comme consécration suprême, la Légion d’Honneur française en 1977.

 

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Pauline Balayer (étudiante à l'Ecole du Louvre)

 

 

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biographie, couleurs, juif, lithographie, Marc Chagall, mystique, onirique, surréalisme

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