Art and you Picasso et la ceramique

06/11/2010

Picasso et la ceramique

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Bien que l'intérêt de Picasso pour la céramique remonte à son enfance, ce n'est qu'en Juillet 1946, à Vallauris, village dans le sud de la France, qu'il conçoit ses premiers essais en argile dans l'atelier Madoura dirigé par Georges et Suzanne Ramié. Impressionné par les possibilités et résultats que lui offrent cette technique, et séduit par « la ville aux 100 potiers », Picasso s'installe à Vallauris en 1948 et y séjourne jusqu'en 1955.  C'est alors le début d'une longue aventure riche en créativité. Au cours de ces années, Picasso apprend les techniques traditionnelles de la céramique auprès des artisans de l'atelier, et s'appuie sur les conseils avisés de Suzanne Ramié. A ses débuts, il réalise des décors sur des objets usuels tels que des pichets ou des assiettes. Mais très rapidement, il acquiert un grand savoir-faire et ne tarde pas à explorer de nouvelles techniques, tant au niveau de la forme que du sujet peint. Il donne libre cours à son imagination et conçoit des sujets inspirés par le support même de la céramique. Il crée des formes innovantes, telles que le vase Gros oiseau visage noir (1951) ou encore les pichets Chouette dont la forme et le décor représentent l'oiseau même : le bec, le centre arrondi transformé en corps, les incisions suggérant le plumage.

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Rien n'est inutile pour ses conceptions, s'appropriant tout ce qui lui tombe sous la main et allant même jusqu'à réutiliser les morceaux cassés de poterie tombés sur
le plancher de l'atelier. Il réalise ses oeuvres avec les techniques les plus diverses: décor incisé, engobé, émaillé...  Durant cette période, Picasso traite aussi le thème de la corrida. Il décrit sur des assiettes ou des plats l'ambiance agitée de la course de taureaux en peignant les matadors, les chevaux, les spectateurs, le soleil et l'ombre... Il démontre ainsi son intérêt envers la tauromachie et son habileté à exploiter le volume que lui offrent ces objets domestiques.  En effet, à la différence de ses dessins, peintures et gravures, la céramique était pour Picasso une opportunité de peindre sur un espace volumétrique. C'est par le moyen de ce support que Picasso expérimenta de nouvelles conceptions dans son oeuvre.  Jusqu'à la fin de sa vie, Picasso continua à produire plus de 3500 vases, assiettes, plats et cruches avec l'atelier Madoura. En témoignage de reconnaissance à Suzanne et Georges Ramié, il donna l'autorisation à l'atelier Madoura d'éditer certaines de ses céramiques avec la volonté que celles-ci retrouvent une fonction utilitaire: "J'ai fait des assiettes, on vous a dit? Elles sont très bien. On peut manger dedans (...)" dit-il à André Malraux.  Expertissim vend en ce moment une charmante assiette issue de cette production de Picasso trop méconnue du grand public. *(4) *(5)
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